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CETTE PAGE ACTU a été mise à jour le 16 mai 2012
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Des agneaux à deux têtes en Sardaigne, des leucémies inquiétantes près de Bourges en France, les riverains des champs de tirs militaires seraient les autres victimes indirectes des guerres en préparation.
Chaque année des milliers d’armes de guerre sont testées sur des zones militaires en Europe. Près de Bourges dans le Cher, l’armée française a ainsi fait exploser des milliers d’obus à l’uranium appauvri. En Sardaigne, des dizaines de milliers de missiles ont été lancés, à l’air libre, par les armées de l’Otan et les industriels de l’armement.
Si en France l’armée reste la grande muette et refuse d’informer les populations, en Italie, le scandale est en train d’éclater. Un procureur de Sardaigne a ouvert deux enquêtes pour comprendre le taux anormal de cancers chez les bergers et élucider le mystère d’un grand nombre de malformations chez les animaux mais aussi chez les habitants de la région.
Dans le collimateur du juge, les composants des armements comme l’uranium appauvri, le thorium contenu dans le missile franco-allemand Milan et les microparticules, diffusées dans la nature.
Et si les armes dites "conventionnelles" étaient avant tout des armes sales, des bombes à retardement pour les civils résidant à proximité des champs de tir militaires ?
Une description détaillée du développement de la première feuille artificielle - une étape clé vers un accès à l'énergie durable - imitant le processus (photosynthèse) que les plantes vertes utilisent pour convertir l'eau et la lumière du soleil en énergie a été publiée dans le Journal de l'ACS Accounts of Chemical Research.
Le nouveau dispositif a été conçu avec des matériaux accessibles et abordables, tout en employant des procédés d'ingénierie et de fabrication peu onéreux.
L'auteur, Daniel G. Nocera fait remarquer que la feuille artificielle répond à la vision d'un célèbre chimiste italien qui, en 1912, prédisait que les scientifiques découvrirait un jour le "secret des plantes." L'un des plus important d'après le Pr. Nocera reste le processus qui scinde l'eau en hydrogène et en oxygène.
La feuille artificielle possède un collecteur de lumière pris en sandwich entre deux films qui génèrent d'un côté de l'oxygène et de l'autre de l'hydrogène gazeux. En cas d'immersion dans un récipient d'eau soumis à la lumière du soleil, des bulles apparaissent, libérant un atome d'hydrogène qui pourra être utilisé par les piles à combustible afin de produire de l'électricité. Le Pr. Nocera a remplacé le catalyseur de platine qui produit le gaz hydrogène, avec un alliage comprenant du nickel, du molybdène et du zinc. De l'autre côté de la feuille, un film de cobalt a pour fonction de générer de l'oxygène sous forme gazeuse. Le chercheur ajoute que tous ces matériaux sont abondants sur Terre, contrairement au platine, aux oxydes de métaux précieux et autres semi-conducteurs qui sont actuellement utilisés par l'industrie.
"Étant donné que ce sont 6 milliards d'utilisateurs 'non traditionnels' qui tireront la demande en énergie au milieu de ce siècle, le but de cette recherche est donc de fournir de l'énergie solaire pour les populations les plus démunies grâce à des découvertes telles que la feuille artificielle fournissant à la société globalisée un chemin direct à une énergie durable", a t-il conclu.
http://www.cler.org/info/spip.php?article10772
382 000 emplois dans les renouvelables

Le rapport attribue 75 % des emplois créés (environ 280 000) à la loi sur les énergies renouvelables (EEG). Les 382 000 emplois sont répartis majoritairement entre trois filières : 125 000 dans le solaire dont 111 000 pour le photovoltaïque, 124 000 dans la biomasse et plus de 100 000 pour l’éolien.
Si les différences de méthodologie et de structures des marchés imposent la prudence sur les comparaisons, l’ADEME a pour sa part estimé le nombre d’emplois dans les renouvelables de l’Hexagone à 94 490 en 2010. Il est grand temps pour la France de passer à la vitesse supérieure !
De 1978 à 1985, Serge Venel a travaillé dans une mine d’uranium pour une société de droit nigérien dont Areva est l’actionnaire majoritaire. Il y a inhalé des poussières et a été exposé à des gaz radioactifs.
En dépit d’un probable changement de style, l’élection de François Hollande ne déclenchera pas une révolution. Les promesses à géométrie variable de François Hollande témoignent d’un regrettable manque d’ambition et sont incompatibles avec une réelle transition énergétique.
Un changement de style ?
Le quinquennat de Nicolas Sarkozy aura été marqué par ses déclarations enflammées d’amour à l’atome. Peut-être peut-on espérer un peu moins de fougue de la part de François Hollande, qui a concédé l’abandon du projet d’EPR de Penly. On peut aussi se rappeler que, contrairement à l’UMP, le Parti Socialiste aura vu des élus favorables à la sortie du nucléaire s’exprimer en son sein…
Des promesses en recul, décevantes… et intenables
Alors qu’il était candidat, François Hollande a clairement exprimé qu’il n’avait aucune intention de remettre en question l’arme nucléaire, qui constitue pourtant une menace permanente, aussi coûteuse que géopolitiquement inutile.
Concernant le nucléaire civil, les reculades constantes de François Hollande et du Parti Socialiste témoignent du manque d’ambition du président nouvellement élu, et font douter de sa capacité à tenir tête à un lobby nucléaire d’ailleurs fort influent au sein du PS lui-même. Il ne reste que peau de chagrin de l’accord signé en novembre avec EELV, qui prévoyait initialement la fermeture de 24 réacteurs et l’arrêt de la production de combustible MOX. La diligence de Bernard Cazeneuve, porte-parole officiel de la campagne PS et de fait d’Areva, a écarté toute remise en question de ce combustible toxique. Et désormais, tel un os à ronger jeté à la majorité de Français qui souhaitent la sortie du nucléaire, seule la fermeture de la centrale Fessenheim reste à l’ordre du jour, repoussée à la toute fin du quinquennat. Peu importe que d’autres réacteurs soient à peine plus récents et probablement tout aussi dangereux.
Par ailleurs, comment Hollande espère-t-il tenir son engagement de réduire la part du nucléaire de 75 % à 50 % d’ici 2025 avec un jeu à somme nulle consistant à fermer deux réacteurs pour en démarrer un presque deux fois plus puissant ? Une telle proposition relève soit de la supercherie, soit de la paresse : la promesse devra alors être réalisée par ses successeurs !
Et n’est-il pas contradictoire de plaider pour les économies d’énergie tout en maintenant à son niveau actuel la production nucléaire, et en ajoutant de nouvelles capacités issues des énergies renouvelables ?
Risque nucléaire, crise économique, transition énergétique : plus d’ambition, c’est urgent !
D’ici 2017, près de 24 réacteurs auront dépassé les 35 ans de fonctionnement, durée à partir de laquelle l’IRSN met en garde contre des risques de rupture brutale des cuves. François Hollande souhaite-t-il rester dans les mémoires comme « le Président de l’accident » ?
Alors qu’une période de crise économique s’annonce, combien de milliards seront engloutis de manière indécente pour « moderniser » un armement nucléaire aussi inutile que dangereux ? Pour rafistoler tant bien que mal les réacteurs vieillissants, les 3,7 milliards par an évoqués par EDF étant probablement en-deçà de la réalité ? Ne serait-il pas plus judicieux d’investir ces milliards dans la réhabilitation des logements et dans les énergies renouvelables, des secteurs fortement créateurs d’emplois dont nous avons bien besoin ? De construire une société plus sobre, moins énergivore, et de lutter contre la précarité énergétique plutôt que de continuer à soutenir une énergie synonyme de gaspillage et dont les coûts vont bientôt monter en flèche ?
À maintes occasions, François Hollande a évoqué son engagement pour la jeunesse. Est-ce se soucier des jeunes (d’ailleurs plus largement opposés au nucléaire que les personnes âgées) que de leur faire endosser le fardeau de l’impossible gestion de nouveaux déchets nucléaires ? Et accepter la mise en service pour 60 ans du réacteur EPR, dont la dangerosité est pourtant connue ?
Alors que le Japon vient de fermer l’intégralité de ses réacteurs en quatorze mois, la seule fermeture de Fessenheim témoigne d’un flagrant manque d’ambition et d’une frilosité face à l’industrie atomique. D’autant plus qu’avec la baisse très probable de la consommation d’électricité française, due à la conjoncture économique et à l’arrêt à prévoir de l’usine Georges Besse 1 (qui consomme l’équivalent de trois réacteurs), François Hollande n’a aucune excuse pour ne pas accélérer les fermetures de centrales.
Sous Hollande, le Réseau "Sortir du nucléaire" restera vigilant et mobilisé
Il reste à espérer que les militants du Parti Socialiste, qui sont majoritairement favorables à la sortie du nucléaire, sauront faire évoluer les positions de leur parti de l’intérieur.
La France n’a aucun intérêt à conserver l’arme nucléaire, faire obstacle au désarmement mondial et violer le Traité de Non Prolifération. Et les solutions pour se passer de l’électricité nucléaire sont désormais largement connues. Plusieurs scénarios de sortie existent, il ne manque que la volonté politique, qui n’a pas fait défaut à nos voisins suisses et allemands.
À court terme, le Réseau "Sortir du nucléaire" reste dans l’expectative quant à la manière dont le nucléaire sera abordé dans le futur « débat sur l’énergie » : assistera-t-on encore à un énième débat bidon ?
Tout au long du quinquennat, il se mobilisera plus que jamais pour obtenir l’arrêt total et immédiat du programme EPR, la fermeture de l’ensemble des réacteurs en commençant par les plus anciens, l’arrêt de la production de MOX et l’abandon des projets d’enfouissement de déchets radioactifs.
Le vrai changement nécessite courage, clairvoyance et ambition. Sortons du nucléaire !
Le 20 mai prochain, François Hollande prendra sa première grande décision internationale : les gouvernements de l’OTAN vont se réunir à Chicago pour examiner le sort des armes nucléaires américaines stationnées en Europe. La France bloque le processus de retrait de ces armes depuis des années. Pour que notre nouveau Président change de cap par rapport à ses prédécesseurs, signez la pétition maintenant ! http://nukesout.org/fr/
Le parquet de Thionville (Moselle) a ouvert une enquête après un incident survenu en janvier 2012 à la centrale nucléaire de Cattenom.
L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait révélé le 6 février dernier une anomalie sur les tuyauteries de refroidissement des piscines d'entreposage des combustibles de deux des quatre réacteurs de cette centrale, située sur la Moselle, non loin des frontières allemande et luxembourgeoise.
Les bassins, où sont entreposés les combustibles, avant ou après leur utilisation dans le coeur du réacteur, auraient pu se vider accidentellement par un phénomène de siphonnage, en cas de manoeuvre incorrecte de certaines vannes commandant l'injection d'eau froide.
Ce problème, qui a été corrigé début février par le percement sur la tuyauterie d'un orifice appelé "casse-siphon", a été classé par l'ASN au niveau 2 de l'échelle internationale Ines, "en raison de ses conséquences potentielles".
Dans sa plainte, Sortir du nucléaire estime qu'EDF a violé l'article 591-5 du code de l'environnement qui prescrit à l'exploitant de signaler "sans délai" à l'Autorité de sûreté nucléaire tout incident "ayant ou risquant d'avoir des conséquences notables sur la sûreté de l'installation". L'ASN l'a souligné elle-même dans son rapport d'inspection adressé à la direction de la centrale le 26 janvier 2012.
"Or, bien que l'écart ait été détecté le 21 décembre 2011, vous n'en avez informé l'Autorité de sûreté nucléaire oralement que le 13 janvier 2012 et par écrit le 18 janvier 2012", souligne Florien Kraft, chef de la division de Strasbourg de l'ASN.
La plainte de Sortir du nucléaire vise également la non-conformité de l'installation elle-même et le fait d'avoir mis plus d'un mois pour y remédier.
La direction de la centrale n'était pas joignable dans l'immédiat.
http://groupes.sortirdunucleaire.org/La-face-cachee-du-nucleaire,381
Depuis 40 ans, le développement du nucléaire est justifié au nom de « l’indépendance énergétique » de notre pays. Pourtant, avant même la fermeture de la dernière mine d’uranium française, en 2001, le combustible nécessaire aux centrales françaises était importé en grande partie. Il l’est maintenant en totalité.
Comment peut-on alors parler d’indépendance énergétique ? C’est simple, il suffit à nos dirigeants de considérer que le sous-sol des anciennes colonies françaises continue d’appartenir à l’ex-métropole, ou de payer l’uranium à un prix tellement dérisoire qu’il en devient négligeable.

La mission de l'association Survie se concentre principalement sur la lutte contre la Françafrique. Elle mène des campagnes d’information et d’interpellation des citoyens et des élus pour une réforme de la politique de la France en Afrique et des relations Nord-Sud.
une suspension immédiate de tous les projets miniers tant que des conditions d’exploitation respectueuses de l’environnement et de la santé des travailleurs et des populations locales ne sont pas garanties ; le référentiel doit être a minima celui de la réglementation française en la matière.
le versement de taxes ou contributions par Areva aux États hôtes, confiées à une gestion indépendante spécialisée pour la remise en état des sites après extraction, la dépollution des sites en exploitation et de leurs abords (confinement des déchets radioactifs, collecte des objets et ferrailles contaminés...).
Le respect de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, notamment par l’association étroite des populations locales aux décisions liées à la gestion des ressources en eau et à l’utilisation des terres.
La contribution financière d’Areva à la mise en place pour tous les ex-travailleurs des mines et les populations vivant à proximité d’un examen médical complet, d’une évaluation rétrospective des doses subies, d’un suivi sanitaire à long terme réalisé par des organismes médicaux indépendants et l’indemnisation des préjudices subis.
http://www.enerzine.com/604/13943+leurope-recycle-son-cuivre-pour-couvrir-ses-besoins+.html
Selon un rapport de l'International Copper Study Group (ICSG) publié lundi, 44,8 % du cuivre utilisé en Europe provient du recyclage, un nouveau record, qui révèle que nos besoins en cuivre sont de plus en plus couverts grâce au recyclage.
Bonne élève, l'Europe dépasse de loin la moyenne mondiale de 33,8 %. Cercle vertueux, le recyclage permet de favoriser les ressources locales dans la chaîne d'approvisionnement, de créer des emplois et de réduire les déchets.
Un ordinateur contient 1,5 kg de cuivre, une maison type environ 100 kg. Lorsque l'on sait que le cuivre peut être intégralement recyclé et réutilisé, voilà qui incite à veiller au bon (re)traitement des produits en fin de vie et des déchets cuivreux. Le cuivre extrait de mon smart phone pourra donc composer demain les canalisations de ma maison !
En 2010, entre les produits en fin de vie et les déchets d'usine directement recyclés, 2,25 millions de tonnes de cuivre ont pu être réutilisées, soit une augmentation de +14 % en un an. Le cuivre est omniprésent dans les équipements que nous utilisons de plus en plus : produits high tech, installations électriques, moteurs, systèmes solaires, bâtiments basse consommation…
De l'objet à l'usine et de l'usine à l'objet : le cuivre est 100 % recyclable à l'infini
Contrairement à d'autres matériaux, le cuivre peut en effet être récupéré, refondu et réutilisé à l'infini sans perte de ses propriétés. Le cuivre recyclé est exactement le même que celui qui est issu de la production minière.
L'incident a entrainé une procédure d'arrêt d'urgence manuel (manual SCRAM) encore appelée Rapid Power Réduction. Il est probable que l'un des tubes équipant l'un des générateurs de vapeur se soit brisé.
Les générateurs de vapeur (GV) sont des éléments cruciaux sur le plan de la sécurité d'un réacteur ; ils se situent en effet à la charnière entre le circuit primaire et le circuit secondaire d'un réacteur à eau pressurisée et sont de ce fait une des causes principales de fuites du circuit primaire. Le bris d'un "tube" peut amener une contamination du circuit secondaire, la radioactivité sortant ainsi de la double enceinte étanche du confinement et du bâtiment réacteur. Les tubes de GV sont soumis à une surveillance continue et attentive, ce qui n'empêche pas les incidents de rupture d'être assez fréquents.
http://groupes.sortirdunucleaire.org/Suivre-l-actualite-jour-par-jour
Japon : Paul Jobin travaillait depuis dix ans sur les conditions de travail dans la centrale de Fukushima et sur le déni sanitaire quand l’accident a eu lieu. Dans une conférence, il explique sa rencontre au Japon avec Olivier Isnard, représentant de l’IRSN à l’ambassade de France à Tokyo, en poste dès le 12 mars 2011. Il l’interroge sur la dose que peuvent recevoir les travailleurs, dose passée de 20 à 250 millisieverts par an depuis l’accident. N’est-ce pas trop ? Et Olivier Isnard de répondre que c’est la condition pour pouvoir intervenir correctement sur le site et essayer d’éviter l’effondrement de la piscine de stockage des barres de combustible du réacteur n°4. Si ces dernières fondent, les doses pourraient alors être sur le site de 100 à 1000 sieverts/heure, une dose qui empêcherait toute présence humaine. Paul Robin rappelle alors que Nesterenko, le physicien nucléaire qui avait été directement amené à gérer la catastrophe de Tchernobyl avait dit : si il n’y avait pas eu le sacrifice des liquidateurs, c’est toute l’Europe de l’Ouest qui y serait passée, et serait devenue pratiquement inhabitable.
http://www.viva.presse.fr/A-Fukushima-ce-sont-les-femmes-qui_16963.html

Des parents réunis à Tokyo le 12 juillet 2011 lors d’un meeting pour protéger les enfants des radiations
« De Tchernobyl à Fukushima », c’est le thème du forum sur la radioprotection qui se tiendra à Genève, en Suisse, les 12 et 13 mai. Organisé par l’IndependantWHO, un mouvement citoyen créé par un collectif d’associations, il rassemblera des scientifiques mais aussi de simples citoyens venus du monde entier, et en particulier de Fukushima, au Japon.
A-t-on déjà une idée de l’impact de Fukushima sur la santé des Japonais ?
Il va y avoir de gros problèmes, c’est évident. Un organisme français indépendant de mesures, l’Acro, a fait des analyses d’urine parmi les habitants : tous les échantillons prélevés chez les enfants sont contaminés et une majorité de ceux des adultes le sont également. Même à 250 kms de la centrale, des enfants sont touchés. C’est une contamination qui dure, qui est inquiétante et qui se traduit par des saignements de nez, des diarrhées, des vomissements, etc. chez les petits. Des cas de morts subites chez les adultes ont aussi été rapportés, y compris à Tokyo.
Mais il est difficile d’établir le lien de causalité avec la catastrophe car les médecins ne disent pas forcément la vérité. Une jeune femme de Fukushima s’est réfugiée à Tokyo alors qu’elle était enceinte. A l’échographie, son gynécologue a vu que son bébé souffrait d’une grave malformation. Il lui a conseillé d’avorter, ce qu’elle a fait, mais il s’est bien gardé de lui parler de la radioactivité.
Les autorités refusent de faire une enquête épidémiologique. Au début, elles ont voulu rassurer la population en affirmant que la pollution radioactive ne correspondait qu’à 10% de celle rejetée à Tchernobyl. On sait aujourd’hui qu’elle est similaire, certains scientifiques estiment même qu’elle pourrait être plus importante. Or, avant Tchernobyl, 80% des enfants ukrainiens étaient en bonne santé, ils ne sont plus que 25% aujourd’hui. Il n y a pas que des cancers, ils ont une baisse de l’immunité, des malformations, des problèmes cardiaques... On peut s’attendre à quelque chose de cet ordre-là à Fukushima.
Les citoyens sont-ils très mobilisés ?
Le gouvernement n’ayant pas su bien gérer la catastrophe et protéger la population, des laboratoires citoyens de mesures de la radioactivité se sont créés. En moins d’un an, environ mille ont vu le jour, surtout à la demande de parents qui sont organisés en réseau pour évaluer la contamination de la nourriture, notamment dans les cantines scolaires et les supermarchés. La population essaie ne plus consommer les produits de la région de Fukushima et d’acheter ceux qui viennent de l’ouest du Japon, mais on mange encore des aliments contaminés car les mesures sont très partielles et les produits qui viennent d’ailleurs sont chers.
Un réseau national de pédiatres qui travaille avec les Ong s’est également constitué il y a quelques mois. Mais à part quelques activistes, ce sont principalement les femmes qui se mobilisent. Chaque vendredi, depuis l’automne, elles se rassemblent devant le ministère de l’Economie et de l’Industrie et devant la résidence du Premier ministre pour manifester. Dans les familles, ce sont elles aussi qui prennent l’initiative de quitter la région de Fukushima et de déménager puisque seules les personnes habitant dans un périmètre de 20 kms autour de la centrale ont été évacuées.
Cela créé parfois des divorces, mais les femmes sont conscientes des dangers de la contamination pour leurs enfants, elles sont inquiètes pour eux. Les hommes, eux, ont peur de perdre leur travail et de ne pas en retrouver ailleurs. Le 11 mars dernier, un an après le tsunami, 16 000 personnes ont manifesté à Fukushima, 20 000 à Tokyo. Cela peut paraître faible comparé à ce qui se passe en Europe, néanmoins, les sondages laissent apparaître que l’opinion publique japonaise est plutôt majoritairement contre le redémarrage des centrales au Japon.
Justement, après l’arrêt du dernier réacteur en activité, le 5 mai dernier, est-ce la fin du nucléaire au Japon ?
C’est difficile à savoir car la position du gouvernement est vague et ambiguë : le Premier ministre parle d’un redémarrage des réacteurs l’année prochaine, d’autres estiment que ce n’est pas possible, d’autant que trois grands séismes sont prévus près du Mont Fuji dans les quatre ans à venir. Ce serait de la folie de prendre ce risque. Mais tout est possible : il ne faut pas oublier que le Japon s’est engagé dans le nucléaire pour garder la maîtrise de la bombe atomique et qu’il dispose de 45 tonnes de plutonium prêt à être converti.
On ne sait pas non plus jusqu’à quel point les citoyens vont être capables de résister au lobby nucléaire. On est dans un contexte de dépression en ce moment. A Fukushima, les agriculteurs ont été touchés de plein fouet par l’explosion du réacteur, ils ont tout perdu, certains se sont suicidés, d’autres sont partis. Les Japonais ont été très mobilisés contre le nucléaire jusqu’à la fin des années 60. Mais la répression, notamment à travers l’armée d’occupation américaine, a été telle qu’ils ne le sont plus tellement aujourd’hui. Pendant sept ans, les témoignages des irradiés de Nagasaki et d’Hiroshima ont été interdits. Cela a généré un affaiblissement des luttes sociales d’autant qu’à chaque fois que les Japonnais ont revendiqué, ils ont perdu. Ils ont fini par intégrer un sentiment de défaite qui explique que la jeune génération ne se sent pas très concernée, très peu d’étudiants se mobilisent. Ça bouge quand même doucement : pour la première fois, le parti communiste japonais s’est prononcé contre le nucléaire alors qu’il considérait jusque là que c’était un progrès.